Une première pour la communauté du capital-risque en Asie.
Pour la première fois, les associations de capital-risque du Japon, de Corée, de Singapour et de Taïwan se sont réunies sous le même toit pour discuter de l’avenir de l’investissement en Asie. L’événement était organisé par la Taiwan Venture Capital Association et la Taiwan Private Equity Association.
Investisseurs institutionnels et fondateurs de startups, tous portés par l’ambition et la conviction profonde dans leur idée, étaient là pour nouer des liens entre eux et avec de futurs partenaires.
J’ai passé la journée à écouter des dirigeants du secteur et des profils émergents partager leur vision de l’IA et de la deep tech, de l’investissement en capital-risque en Asie, des actifs numériques et de la finance de nouvelle génération, et de la façon dont l’écosystème technologique, en pleine mutation, façonne la région. Voici ce qui m’a marqué.
Les stablecoins et l’avenir de la finance numérique
Parmi les discussions les plus éclairantes auxquelles j’ai assisté, l’une portait sur le rôle des stablecoins dans la finance de demain. Sans surprise, les professionnels et représentants de ce secteur étaient nettement plus jeunes que dans les autres.
Les intervenants ont expliqué comment le Japon, la Corée du Sud et Taïwan abordent la mise en œuvre des stablecoins, en soulignant à la fois les avancées réglementaires et le potentiel de transformation des paiements transfrontaliers, notamment pour l’industrie manufacturière et la chaîne d’approvisionnement. J’ai mieux perçu comment la prochaine génération de services financiers prend forme en Asie.
L’importance de l’investissement transfrontalier
Lors de la table ronde sur l’avenir du capital-risque en Asie, l’un des messages les plus forts que j’ai retenus portait sur l’importance de la collaboration transfrontalière. Les intervenants ont répété que la prochaine génération de startups, d’IA et de deep tech ne sera pas construite par une seule région. Le potentiel est bien plus grand avec des partenariats régionaux, du co-investissement transfrontalier et des réseaux d’investisseurs plus solides.
Cela m’a fait réfléchir à ce que le Japon, la Corée du Sud et Taïwan apportent chacun au marché mondial, de la fabrication avancée et des semi-conducteurs à l’IA, au logiciel et à la deep tech. En construisant un écosystème de capital-risque plus connecté, où les investisseurs co-investissent, partagent leur expertise et présentent des partenaires de confiance d’un pays à l’autre, l’Asie peut libérer bien plus d’innovation qu’aucun pays ne le ferait seul.
Si tu veux aller vite, avance seul. Si tu veux aller loin, avance accompagné.
L’écosystème startup florissant de Taïwan
Taïwan s’impose rapidement comme l’un des principaux pôles d’innovation d’Asie, et ce qui m’a le plus frappée, c’est l’engagement fort des secteurs public et privé en faveur de l’entrepreneuriat.
Le gouvernement a fait du développement des startups une priorité stratégique, en investissant dans les infrastructures, les financements et les politiques dont les fondateurs ont besoin pour construire, tester et passer à l’échelle. En parallèle, un réseau grandissant d’accélérateurs, d’incubateurs, d’investisseurs et de communautés de startups crée un environnement où les entrepreneurs peuvent apprendre, collaborer et se challenger.
Voir cette combinaison de soutien institutionnel et de communauté startup dynamique m’a fait comprendre pourquoi Taïwan attire de plus en plus de fondateurs, nourrit l’innovation et consolide sa place d’acteur clé de l’écosystème technologique asiatique.
Ce que regardent les VC aujourd’hui
J’ai pu échanger en tête-à-tête avec plusieurs VC et découvrir les technologies qui les enthousiasment le plus. La direction de chaque conversation dépendait du parcours et de la thèse d’investissement de chacun, ainsi que de son secteur d’origine, mais quelques thèmes revenaient systématiquement :
- ·Le SaaS. Reste un modèle économique fiable, apprécié pour ses revenus récurrents et sa trésorerie prévisible.
- ·L’IA physique. L’IA intégrée à la robotique, aux systèmes autonomes et au matériel intelligent, une favorite de plusieurs investisseurs, beaucoup y voyant la prochaine grande vague d’innovation.
- ·L’IA industrielle. Des solutions qui automatisent les workflows propres à un secteur et résolvent des problèmes opérationnels concrets dans des domaines comme l’industrie, la logistique et la santé.
Le plus intéressant, à mes yeux : ils n’avaient pas de « prochaine grande chose » qui fasse consensus. Ils cherchaient plutôt à faire progresser les technologies existantes qui résolvent des problèmes réels de façon plus efficace et plus fluide.
Ce qu’il faut retenir
Au-delà de la technologie, ce que je retiens, c’est que ce qui permet à l’innovation de passer à l’échelle de façon responsable, c’est la collaboration entre startups, investisseurs, régulateurs et dirigeants du secteur, pour bâtir un écosystème où les startups peuvent vraiment s’épanouir.
Cet événement m’a donné l’occasion précieuse d’entendre des points de vue variés sur la direction que prend l’innovation et sur la manière dont ces technologies transforment les industries à travers l’Asie.